JOUR DE MANIF



Des cris.

ce qui les censure

Résiste à l'attente

J'écoute le creux du cri

Qui ne dit rien

Qui efface le sens

Ce qui suit

tout s'arrête, aucun bruit ne trouble le souffle

chaque fois nous sommes devenus autre chose que ce qu'ils disent

qu'importent les mots

ce qu’il advient après

le sens change

les nuits où on écrit pour effacer , s’effacer ?

Il est intolérable le silence où rien ne vient

Longtemps..

Puis , un cri.

Ou un souffle rauque où on voit le désespoir

Un cri miné, froid comme la mort d’un humain

Personne n’en parle

Après vient la colère, la révolte

Comment dire ?

comment crier la révolte de la mort. La révolte contre la mort. La révolte qui cherche les mots, l'indignation contre les guerres et tant de massacres,

dans quelle langue se dit l’horreur ?

dans quelle langue humiliée , dans quelles failles de la langue ?


Il faut seulement pousser le cri.

d'oubli de la mort

des autres

quelle langue contre l’oppression ?

quelle langue résiste ? sauf à inventer une autre langue, une langue cachée

quel mouvement inventer pour que la langue résiste à toutes les solitudes, à tous les isolements ?

sous quel masque blanc la révolte s’implante dans la censure et l’oubli ?

retrouver les traces comme ces dossiers classés sans suite ou estampillés : CENSURE


traquer les mots, aveugles, mendiants, sourds, déglingués de toutes parts, écorchés vifs comme des parjures, chiens prisonniers de la mémoire des maîtres avec la police et ses bataillons immatriculés qui emplissent la scène : des gardiens de la paix !

la violence, émerge des mots, se souvient des mémoires du corps, des figures de la raison, des épouvantes et du feu de la passion dans le regard

comment dire ? Oui, le jeu du feu, de la folie, son bruit sec, métallique, mécanique, et ses coups de lune ?

une pierre sous laquelle repose l’horreur

interrompue

coupure, censure

le bulletin d'informations

obsédé par les événements

baillonné

réduit au silence

l'apparence est sauve

la valeur collective des mots vides de sens

aliène les victimes

La douleur de la liberté, les limites qu’elle dissimule

Quand on massacre l'ouvrier ou le colonisé

La fatigue, qui déboussole

se reposer

rester tranquille

se promener

avoir les nerfs solides,

qu’on n’a plus

la force qu’on n’a plus pour faire illusion

ou mauvais genre

La mort ou l'enfer

cette mise en scène folklorique de détournement de la peur

avec les procès-verbaux du diable

les procès-verbaux qu'on dresse, ce sont des mots sur du papier

illusion, ou censure ?

une dérive de message

une dérive de vérité

j' écris

je continue

je remets ça

c’est une journée de grève que la vie offre et qui échappe au désir

Le travail, qui devait donner réponse à tout, des droits pour tous.

Négation du mythe

Négation de la résistance

Au nom de quoi poursuivre?

C’est un long voyage que peu de gens veulent faire

C’est le jour où les jeunes, les vieux, les autres sont sortis pour manifester, Traverser Paris, des barrages de police, des flics en civil

Racisme, la différence que rien n'efface.

Humiliation

Pas de laisser-passer

Comme la vie qui répète ses questions dans les éclats de réalité

les gardiens de la paix relâchent leur surveillance et ça devient une disparition

il faut lutter contre le rien, exprimer que l'on peut créer, jouer, se souvenir, rencontrer les mots en mouvement avec l'histoire.


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