#poèmes
La vie est fulgurance, vitesse. A moins qu’elle ne s’étire, dans un temps long et une durée ? La poésie est en retrait face aux grandes médiations qui recouvrent les consciences. Les poèmes sont abandonnés sur les marges, gisent adossés à des arbres, errent sur les routes improbables de l’imagination, englués dans les nappes formelles ou idéales, épaisses et gluantes comme une colle qui envahit les sens, accumulant des images sombres, même la brume s’en trouve obscurcie, remplie d’ombre. A chaque lecture il faut essorer le poème, en purifier la gangue/ la langue ? Avant de le laisser paraitre, lecteurs et exégèses professeurs et lettrés vérifient le blason, scellent de cire chaude, tatouent au chiffre matricule, estampillent le vers. Cet adoubement singulier par son origine et par sa nature, se rattache à des cérémonies d'initiation dont les sociétés primitives et celles du monde antique... (Lire la suite)
#poèmes
Promenade en forêt J’égrène lentement de rares paroles marquées par la nuit J’approche angoissée et inquiète de la vie des hommes Je contemple la splendeur mortelle des choses J’ai toujours aimé ceux qui vivent et meurent solitaires dans le silence, y a-t-il quelqu’un sur ce sentier ? Y remuent de rares buissons au bord du chemin, les peupliers bruissent Ils sont toujours les premiers à bruire Des souches et des cendres dans la clairière L’aube où reviennent les geais Et que survolent les margales [1] Emplies d’air, elles scrutent la terre La maison blanchit dans l’ombre de la forêt Le soleil s’y lève plus vite Je vais à l’olagnière [2] tailler un bâton puis par le sentier, revoir les volcans ils se répandent à l’horizon vers le soleil A cet endroit on est à l’abri de l’air qui descend de la Côte Les améthystes y fleurissent encore Violettes d’automne dans la tourbe Au-dessous, la lumière... (Lire la suite)
#poèmes
Centre de culte Thrace de Starosel (Bulgarie) Sur les traces des Thraces Il bat dans la roche le cœur d'un cheval De temps à autre, on voit sur le bord de la route Un cheval brun Vigie ancienne du voyage Dans les ailes des légendes A portée de héros Il bat dans la roche le cœur d'un cheval de temps à autre on voit sur le bord de la Maritza un cheval blanc Amoureux d'une jeune Deva Dans les grands feuillages Se cachent les amants Il bat dans la roche le cœur d'un cheval De temps à autre on voit dans la montagne Une jument féroce Que les rois jetaient sur l'étranger Arrivant aux frontières Il bat dans la roche le cœur d'un cheval De temps à autre aux confins du royaume, une figure antique Un cheval rebelle Ruant contre les dominations Peu de traces sauf le nom des montagnes, des rivières et des gens Maritza, Deva... Des tablettes votives des anciens dieux Thraces Des statuettes de cavalier... (Lire la suite)