GOUGUIDIS DEMETRIOS

 

 

 

 

Exposition Espace le Scribe l’Harmattan

 

 

21 bis rue des écoles

 

 

75005 Paris

 

 

 

 

Toute grande création retourne aux habitus premiers d’exister : habiter, se nourrir, se vêtir, s’exprimer, s’aimer.

 

 

Le tissage de la vie de Gouguidis Demetrios retrouve ces fondamentaux avec les matières vivantes qu’il décline selon ces grandes fonctions vitales.

 

 

C’est avec la laine de l’enfant pâtre qu’il explore le temps et l’espace, en créant la carapace des jours, de grandes figures  de laine, de raphia et de roseau. Il se souvient aussi de l’aire des pâturages où l’enfant et la chèvre nouent leurs savoirs d’espace pour explorer le monde. Ce monde est représenté par la Crétoise,  l’île mythique des origines et par la langue du Monde, son visage humain en céramique, véritable noyau dur de l’humanité, habillé de la multitude des langues et des cultures. Ce chatoiement tendre, tissé de laine, de chanvre et de raphia peut alors prendre vie et décliner toutes les identités de l’artiste.

 

 

Les personnages de Gouguidis Démetrios nous transportent dans un âge d’or du monde  où tous seraient artistes, poètes, érudits et sages. C’est un défilé qui rappelle que l’artiste est aussi créateur de couture, une farandole non de mannequins standardisés mais des figures qui traversent les dimensions de l’espace humain, ce sont des personnages de roseau perlé ou lainé qu’il nous montre, qui parcourent l’humanité depuis les origines telle la Sirène d’Ulysse jusqu’à la déesse Cinéma de notre époque. Mais nous retrouvons également : le lecteur enragé, le conteur africain, le sage chinois, le fakir, la danseuse égyptienne, le tailleur de Kafkans, la parisienne , Shéhérazade  et, Sancho Pansa avec  Don Quichotte , inoubliables.

 

 

Depuis les prés du gardien de chèvres, Gouguidis a beaucoup voyagé, il a le parcours nomade de nombreux exilés de la planète, mais il nous livre cependant quelques-uns des lieux privilégiés où il doit se réfugier pour retrouver l’Inspiration.

 

 

De la tendresse animale de la laine à la souplesse végétale du roseau, nous cheminons dans les entrelacs de papier et de raphia, comme si l’artiste ne pouvait s’habituer aux matières dures qui défigurent le monde, préférant l’habiter des choses simples dans leur poétique première.

 

 

L’exposition s’intitule « Hors temps, hors courants », parcours d’un homme, parcours d’une vie, parcours d’un artiste. On imagine aisément la diversité qu’il a de lui-même au travers des lieux qu’il expose : depuis la médina de Salé jusqu’à une cité à l’aube en passant par un quartier de fête, car c’est à une fête de l’humain que nous sommes convoqués, une fête des couleurs, des matières qui prennent vie jusqu’à nous faire percevoir la musique des grands chants humains, la rumeur lourde des peuples avec le parfum et le goût inaltérable d’être.

 Nicole Barrière

 

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