Ombre calcinée

Ombre naturelle

Les jours saignent à l’ombre de l’être

Quel serait le nouvel art à faire jaillir des fontaines ?

Quelle nouvelle couleur inventer pour que l’ombre réverbère la beauté

Le ciel est toujours nouveau dans l’est, et les arbres retrouvent des nuances d’enfance

Il faudrait inventer la fête des sens, le goût de toutes les couleurs

l’attente vibre de ces espoirs

d’attendre la pluie les jours trop chauds

d’attendre le vent le jours trop tendus

d’attendre cette liberté de vivre qu’un jour peut-être sera

 

j’ai croisé toutes les terres pigmentées, les bleus déclinaient l’intense et puis un foisonnement de fleurs d’acacias m’a enivrée, c’était une cascade, un océan blanc à la fenêtre, l’air embaumait et la nuit demeurait chaude et moite comme à l’intérieur des fleurs.

 

J’ai cueilli des roses anciennes en bouton, le soir elles s’épanouissaient

J’ai cueilli des pervenches, des lilas, l’Espagne à ma croisée

J’aurai cueilli ton âge si tu ne t’étais pas détourné

Un jour peut-être,

 

Quelle passion inventer dans ces jours d’emblavure ?

Avant l'emblavure, on faisait généralement trois ou quatre labours.
Le premier consistait à ouvrir les terres de la récolte précédente ou d'une jachère à la fin de l'hiver, au plus tard en mars.
La seconde façon, s'opérait dans la même direction que la précédente, en mai ou juin, était comme celle-ci plus profonde que les suivantes.
La troisième, toujours dans le même sens, se faisait en juillet, s'appelait "tiercer".
La quatrième s'opérait en août et septembre dans une direction transversale s’appelait « traverser ».

Un cinquième labour était destiné à couvrir la semence, aussi disait-on « couvrir » pour la saison des semailles.

En reprenant des textes ouverts à l’hiver, travaillés en mai, retravaillés en juillet, traversés en août, peut-être seraient-ils prêts à la saison des emblavures ?

 

Cette encre de murmures coule de source, précises effluves légères ailées, fraternelles, souterraines

Des jambes solides ratissant l’époque

Le sel sur le terrain des vaches, la remuante des étangs avec des galets à voix,

Alphabet patient des arbres qui abrite les rêves des oiseaux moqueurs,

Sans oublier le vent, au fond de nos regards,

Des étoiles rapiécées de mots grandeur nature, sagesse

Des mains traversent l'horizon jusqu’aux petites caissettes de silence...

Etre immensément heureux parmi nos joyeux désordres d'écureuils volants

 

 

 

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