cris fantômes

Publié le 5 Novembre 2016

Cris fantômes/ destin des poètes

 

Qui arrive jusqu’à nous et se termine en cri

Qui épuise sa voix et pénètre nos regards

Qui vient après une longue éclipse ?

 

Voix unique de conscience et de lucidité

Parole âpre et têtue d’éveil

Qui clame la fraternité humaine

Le tourment contemporain

Ulysse apatride

Migrant éternel d’Ithaque

Frère de douleur

Entre les frontières

 

Qui fantôme et fantasme ?

 

Figure prémonitoire d’humanité

En langage simple des jours

En fragments douloureux

Obscur des mêmes mots

Et clarté du partage

 

Laissez parler les étranges comètes

Laissez venir le déchirement

Intacte est la blessure

Eblouissante est la présence

Tumultueuse est la flamme

Incroyable est la lucidité

 

Ah ! témoin, demain il sera trop tard

Les monstres sont là

Et nous asphyxient.

 

Dépasse-toi, révolte-toi, engage-toi

Migre avec ton génie

Refuse tout compromis

Aiguise ta préscience

Ne te résigne pas


Qui se cogne à la finitude

Qui refuse l’illusoire patrie

Qui arpente l’altérité

Qui boit à la source l’infini ?


Voyageur précoce de lumière

Courageux au sein de la débâcle humaine

Prisonnier, évadé, libéré,

Voilà l’exode de l’expérience du gouffre

Voilà le testament : courage, fuite ou résignation

Aux carrefours du monde

Seul avec soi-même

Pareil à la neige de novembre

La neige déjà!

Fantôme clandestin d’une destinée à vivre

Épreuve logique

 

Des fragments ferment le col de ton élégie

protègent du froid et de la neige l’angoisse toute proche.

 

Qui l’apaisera ?

Qui mettra un peu de soleil au givre

Un baiser à la tristesse

Qui ? Toi ? Moi ?

Qui ?

 

Nous traversons le temps avec les titres du journal

Les pieds enflés et les chevilles fatiguées

Nous traversons le port pour gagner d’autres terres

Utopies

Nous jouons la mort

Paupières lasses

Qui ?

Qui ?

 

Errants sans apaiser l’injustice du monde

Qui fera le destin ? L’homme ou le poète

De passion, terre profonde

De lutte, terre acharnée

Germes puissants et nourrissants

 

Qui veut ? Qui empoigne ? Qui se collète au réel rugueux ?

Qui va de fulgurance en évidence ?

Qui corps à corps et cœur à cœur ?   

Mains du poème,

Combat à mains nues le Mal

Pourquoi cette majuscule ?

 

Tu as revêtu les prières anciennes

Faute de mieux

Sans résignation

Sans te soumettre

Il faut peser sur la table du monde contre la misère des brocantes de l’universel

Les lots de faillite et les marchés parallèles.

 

Nous voilà dans l’hiver

On dirait que c’est l’hiver

Des rencontres de l’étranger

C’est la consigne

On recoud les vides entre les êtres

On peuple des déserts de givre

On affute sa respiration

On l’accorde avec le monde

On brise des chaines

On en forge d’autres

On grave des blessures dans d’anciennes cicatrices

On répète, encore et encore

Combat, justice, absolu.

 

Cri, cris, cris devant l’inévitable ?

Obscure certitude de l’absurde

Nous voilà petits poucets sans cailloux

Nos ombres franchissent les miroirs.

Autoportraits errants, parias, exilés

 

Qui blesse ? Qui déserte ?

 

Tu pétris l’argile du poème

Les mots dynamitent

Angoisse, apocalypse

Effacement,

Te voilà terre retournée, marque-page de l’espace

Ton chemin de nuages s’enflamme

Encore un soleil qui se couche et fait place à la nuit

 

Nuit dure et calleuse comme des mains paysannes

Langue vive mêlée de mort

Est-il rentable de proférer des poèmes sur une terre étrangère ?

Allons courage

Allons la couvrir de poèmes.

Encore une fois.

Encore ?

Encore !

 

NB 05/11/2016

Rédigé par nicoletta

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