L’enfant

Publié le 27 Juillet 2016

Par la beauté vibrante

par l’image captive

à flammes feutrées

L’ancien poêle rougeoie d’un peu du feu terrestre

Ailleurs sur un petit cahier noir

le corps replié sous lui

écrit sur la vieille chaise de bois

les frottements d’élytres

qui soutiennent plus haut

les brumes du matin

L’immobile dépose les mots courbés et translucides

où passent l’urgence et l’éternité

Si seulement bougeait le silence

Qui pose sa main sur mon épaule

On sent la bruine à la fenêtre malgré le grand soleil

Une pluie de lumière cingle les carreaux

Comme des hoquets et des pleurs

Rien ne bouge

On oublie la chaleur

On bascule dans le noir du cahier

On guette

On se détache de la veille

Le monde du visible est si loin

J’attends l'épiphanie d'une image,

Le foudroiement d'un mot

Au mur tes peintures me parlent

Le chat aussi, au chaud sur la pierre.

J’attends au centre de la toile

J’attends quelques papillons de grâce

Tu sauras les faire s’y poser

Dépeindre leurs ailes et leur agilité

Et surtout les laisser repartir

Je regarde ce paysage immuable depuis ma naissance

Immuable et changeant à chaque grain de soleil ou de gel

je regarde la cour, les traces d’enfance

Bientôt il faudra aller dans le chemin du bois.

J’y vais cueillir le bruit de l’herbe

le crissement du gravier

l’envol d'oiseaux beiges

Dans les mornes eaux de ces jours tristes.

Inlassablement je refais ce rituel dérisoire et merveilleux

Je chemine au plus près du souffle et du mystère de l’être

qui n'est pas un cœur pleurant

mais un paysan de l'absolu

traçant obstinément les sillons de l'infini

retournant les mottes sacrées de vivre.

je parle aux animaux, aux arbres, aux oiseaux,

et aux hommes parfois

je parle de la terre et de la lune

de la nuit et de la pénombre où git le monde

la nature a pris toute sa place,

avec ses soupirs,

je suis une poète au rebut du monde

à l'écart des gens

entre patience et mystère

j’édifie un barrage de poèmes contre le désespoir

j’œuvre à la consolation.

les mots deviennent compacts et transparents

appellent au ras du quotidien,

au plus près, la nature flotte à la fenêtre

et s’enroule dans les arbres

elle évacue toutes les couleurs

et réduit en aumône les images

devant marche un homme

je le suis

il regarde loin

Solitaires semblent les mots

Ils pourraient s'assembler dans nos mains

Les branches se balancent

Comme se balance l’enfant

Qui joue avec les comètes

Et déploie sur le monde

Sa tunique légère

Pour nous protéger de l’impensable

Léger, il va, léger vers l'invisible.

NB 27/07/2016

Rédigé par nicoletta

Publié dans #poèmes

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