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On dit.... être humain

On s'étonne d’être amoureux

On craint , on se souvient…frères humains 

 

Nicole

aujourd'hui que de recherches plus subtiles et un gout plus fin ont réduit l'art de plaire en principes, il règne sur nos moeurs une vile et trompeuse unformité, et tous nos esprits semblent avoir été jetés dans un même moule : sans cesse la politesse exige, la bienséance ordonne: sans cesse on suit les usages, jamais son propre génie. on n'ose plus paraitre ce qu'on est; et de cette contrainte perpétuelle, les hommes qui forment ce troupeau qu'on appelle société, placés dans les mêmes circonstances, feront tous les mêmes choses si des motifs plus puissnts ne les en détournent. on ne saura donc jamais bien à qui l'on aura a faire : il faudra donc, pour connaître un ami, c'est à dire attendre qu'il n'en soit plus temps, puisque c'est pour ces occasions même qu'il eût été essentiel de la connaître

quel cortège de vices n'accompagnera point cette incertitude? plus d'amitiés sincères plus d'estime réelle; plus de confiance fondée. les soupçons, les ombrages, les craintes, la froideur, la réserve, la haine, la trahison se cacheront sans cesse sous ce voile uniforme et perfide de politesse, sous cette urbanité si vantée que nous devons aux lumières de notre siècle.

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que si par hasard entre les hommes extraordinaires par leurs talents, il s'en trouve quelqu'un qui ait de la fermeté dans l'âme et qui refuse de se prêter au génie de son siècle et de s'avilir dans des productions puériles, malheur à lui! il mourra dans l'indigence et dans l'oubli.

 

Discours sur les sciences et les arts.

 

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